Guide pratique

Loi Influence 2023 :
ce que vous devez vraiment savoir

La loi du 9 juin 2023 encadre la publicité sur les réseaux sociaux en France. Contrat obligatoire, seuil de 1 000 €, mentions légales, sanctions — on vous explique tout en langage clair.

Loi n° 2023-451Mise à jour mars 2026Lecture : ~5 min

Pourquoi cette loi ?

Pendant des années, la publicité sur les réseaux sociaux s'est développée dans un vide juridique. Certains influenceurs promouvaient des produits dangereux, financiers ou médicaux sans aucun encadrement. Des arnaques se multipliaient. Le grand public, notamment les jeunes, était exposé à des contenus commerciaux non identifiés.

La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 vise à mettre de l'ordre dans ce secteur en définissant clairement les droits et obligations des influenceurs, des agences et des marques qui font appel à eux.

Qui est concerné ?

Est considéré comme influenceur commercial toute personne qui :

  • utilise les réseaux sociaux à titre onéreux (rémunéré ou avantagé en nature),
  • pour promouvoir des biens, services ou une cause,
  • auprès de son audience, quelle que soit sa taille.

Cela inclut les nano-influenceurs (quelques milliers d'abonnés) comme les stars de plusieurs millions d'abonnés. La taille de l'audience n'est pas un critère d'exemption.

Les marques et annonceurs qui font appel à des influenceurs ont également des obligations : s'assurer que le contrat existe, qu'il est signé et que les mentions légales sont respectées.

Le seuil de 1 000 € : comment ça marche ?

Le contrat écrit devient obligatoire dès que la rémunération totale dépasse 1 000 € HT, calculée ainsi :

Formule de calcul

Rémunération = paiements en espèces + valeur des avantages en nature

Cumulé par an • par annonceur • par objectif promotionnel

Exemples concrets :

Post sponsorisé 400 € + produits offerts 200 € = 600 € → pas de contrat obligatoire
Post sponsorisé 400 € + produits offerts 700 € = 1 100 € → contrat obligatoire ✗
3 posts à 400 € chacun pour la même marque = 1 200 € → contrat obligatoire ✗

Que doit contenir le contrat ?

La loi impose des mentions obligatoires dans le contrat :

Identité des parties

Nom, coordonnées de l'influenceur et de l'annonceur

Nature de la collaboration

Type de contenu, plateforme(s), objectif promotionnel

Livrables attendus

Nombre de posts, format, dates de publication

Rémunération détaillée

Montant HT, avantages en nature valorisés, modalités de paiement

Droits d'utilisation

Durée et territoires d'exploitation du contenu créé

Clause de retrait

Droit de l'influenceur de se désengager sous certaines conditions

Les mentions dans le contenu publié

En dehors du contrat, la loi impose également que chaque contenu sponsorisé soit clairement identifié comme tel, de façon lisible et compréhensible.

✅ Mentions acceptées

  • "Partenariat rémunéré avec [marque]"
  • "Collaboration commerciale"
  • "Contenu sponsorisé"

❌ Mentions insuffisantes

  • "#ad" seul (trop discret)
  • "Merci [marque]" sans mention commerciale
  • Aucune mention

Ce qui est interdit

La loi dresse une liste de produits et services dont la promotion est interdite :

⚠️Chirurgie esthétique et actes médicaux non thérapeutiques
⚠️Jeux d'argent et paris sportifs (sauf autorisation ARJEL)
⚠️Cryptomonnaies et actifs numériques (sans agrément AMF)
⚠️Produits alimentaires dans des conditions trompeuses
⚠️Abonnements sans information claire sur les frais
⚠️Produits rappelés ou retirés du marché

Les sanctions en cas de non-respect

Les risques sont réels et progressifs :

Niveau 1 — Administratif

Mise en demeure de la DGCCRF, injonction de retirer le contenu sous 48h.

Niveau 2 — Financier

Amende administrative jusqu'à 300 000 € pour les personnes morales.

Niveau 3 — Pénal

Pour pratiques commerciales trompeuses : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende.

Niveau 4 — Plateformes

Suspension ou suppression des comptes sur les réseaux sociaux à la demande des autorités.

Questions fréquentes

La loi s'applique-t-elle si je vis hors de France ?

Oui, dès que le contenu est destiné à un public français (langue, ciblage géographique), la loi s'applique, même si l'influenceur réside à l'étranger.

Mon agent ou mon agence peut-il signer à ma place ?

Non. Le contrat doit être signé par l'influenceur lui-même. L'agence peut être mandataire mais ne se substitue pas au signataire.

Un contrat verbal suffit-il sous le seuil de 1 000 € ?

Légalement oui, mais un contrat écrit est fortement recommandé même en dessous du seuil pour éviter tout litige sur les livrables ou la rémunération.

La signature électronique est-elle valide ?

Oui. Une signature électronique simple (SMS OTP avec horodatage) est juridiquement valide pour les contrats d'influence selon eIDAS.

Vous êtes concerné par la loi influence ?

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Ce guide est fourni à titre informatif. Pour une situation spécifique, consultez un juriste. CGU · Confidentialité